Textes Traité de Versailles

Publié le par phnaudin-daeu

PLAN WILSON (JANV 1918)

1. Des traités de paix ouverts, auxquels on a librement abouti, après lesquels il n'y aura plus aucunes espèces d'alliances internationales privées, mais une diplomatie franche et transparente

2. Une absolue liberté de navigation sur les mers, en dehors des eaux territoriales, en temps de paix, aussi bien qu'en temps de guerre, sauf si les mers doivent être en partie ou totalement fermées afin de permettre l'application d'alliances internationales.

3. Le retrait, autant que possible, de toutes les barrières économiques, et l'établissement d'une égalité des conditions de commerce parmi toutes les nations désirant la paix et s'associant pour la maintenir.

4. Des garanties adéquates à donner et à prendre afin que les armements nationaux soient réduits au plus petit point possible compatible avec la sécurité intérieure.

5. Un ajustement libre, ouvert, absolument impartial de tous les territoires coloniaux, se basant sur le principe qu'en déterminant toutes les questions au sujet de la souveraineté, les intérêts des populations concernées soient autant prises en compte que les revendications équitables du gouvernement dont le titre est à déterminer.

6. L’évacuation de tout le territoire russe et règlement de toutes questions concernant la Russie de sorte à assurer la meilleure et plus libre coopération des autres nations du monde en vue de donner à la Russie toute latitude sans entrave ni obstacle, de décider, en pleine indépendance, de son propre développement politique et de son organisation nationale (…), avec des institutions de son propre choix (…).

7. La Belgique (…) doit être évacuée et restaurée(…)

8. Tous les territoires Français devraient être libérés, les portions envahies rendues, et les torts causés à la France par la Prusse en 1871, concernant l'Alsace-Lorraine, qui a perturbé la paix mondiale pendant près de 50 ans, devraient être corrigés(…).

9. Un réajustement des frontières d'Italie devrait être effectué le long de lignes nationales clairement reconnaissables.

10. Aux peuples d'Autriche-Hongrie, dont nous désirons voir sauvegarder et assurer la place parmi les nations, devra être accordée au plus tôt la possibilité d'un développement autonome.

11. La Roumanie, la Serbie et le Monténégro devraient être évacués ;  à la Serbie devrait être assuré un accès à la mer libre et sûr (…).

12. Aux régions turques de l'Empire ottoman actuel devraient être assurées la souveraineté et la sécurité ; mais aux autres nations qui sont maintenant sous la domination turque on devrait garantir une sécurité absolue de vie et la pleine possibilité de se développer d'une façon autonome ; quant aux Dardanelles, elles devraient rester ouvertes en permanence, afin de permettre le libre passage aux vaisseaux et au commerce de toutes les nations, sous garantie internationale.

13. Un État polonais indépendant devrait être créé, qui inclurait les territoires habités par des populations indiscutablement polonaises, auxquelles on devrait assurer un libre accès à la mer (…)

14. Une association générale des nations doit être constituée sous des alliances spécifiques ayant pour objet d'offrir des garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégralité territoriale aux petits comme aux grands États.

 

WILSON : « UNE OEUVRE INSPIREE PAR UN PRINCIPE D'EQUITE »

Le PRESIDENT WILSON. "J'espère que vous êtes d'accord, en principe, avec M. Lloyd George sur la modération qu'il est nécessaire de montrer vis-à-vis de l'Allemagne. Nous ne voulons pas et nous ne pourrions pas la détruire: notre plus grande erreur serait de lui donner des raisons puissantes de vouloir un jour prendre sa revanche. Des stipulations excessives jetteraient un germe certain de guerre. Partout, nous avons à modifier les frontières et à changer les souverainetés nationales. Il n'y a rien qui comporte plus de dangers, car ces changements sont contraires à de longues habitudes, changent la vie même des populations. (...) Il faut éviter de donner à nos ennemis même l'impression de l'injustice. Je ne crains pas dans l'avenir les guerres préparées par des complots secrets des gouvernements, mais plutôt les conflits créés par le mécontentement des populations, Si nous nous rendons nous-mêmes coupables d'injustice, ce mécontentement est inévitable."
P. MANTOUX, Les Délibérations du conseil des Quatre, C.N.R.S., 1955.

BUTS DE  LLOYD GEORGE

 « Si nous sommes sages, nous offrirons à l’Allemagne une paix qui, en même temps qu’elle sera juste, sera, pour tout homme sensé, préférable à l’alternative du bolchevisme. Je voudrais donc placer en frontispice de la paix l’idée suivante : dès que l’Allemagne aura accepté nos conditions, particulièrement les réparations, nous lui ouvrirons l’accès aux matières premières et aux marchés du monde, à égalité avec nous, et nous ferons tout notre possible pour rendre le peuple allemand capable de se remettre sur ses jambes. Nous ne pouvons à la fois l’estropier et nous attendre à être payés (...).
A tous points de vue, par conséquent, il me semble que nous devons nous efforcer d’établir le règlement de la paix comme si nous étions des arbitres impartiaux, oublieux des passions de la guerre. Ce règlement devra avoir trois buts : avant tout, il doit rendre justice aux Alliés, en tenant compte de la responsabilité et des méthodes de guerre ; ensuite, il doit être tel qu’un gouvernement allemand conscient de ses responsabilités puisse le signer en estimant qu’il pourra remplir les obligations auxquelles il souscrit ; enfin, ce règlement, ne devra renfermer aucune clause qui soit de nature à provoquer de nouvelles guerres, et il devra offrir une alternative au bolchevisme, parce qu’il se recommandera à l’opinion des gens raisonnables comme une solution équitable du problème européen.
Je crois enfin que, jusqu’à ce que l’autorité et l’efficacité de la Société des Nations aient été démontrées, l’Empire britannique et les Etats-Unis devraient donner à la France une garantie contre la possibilité d’une nouvelle agression allemande. La France a des raisons particulières de demander une telle garantie : en un demi-siècle, elle a été deux fois attaquée et deux fois envahie par l’Allemagne. Elle a été attaquée ainsi parce que, sur le continent européen, elle était le principal défenseur de la civilisation libérale et démocratique contre l’Europe centrale autocratique. Il est juste que les autres grandes démocraties occidentales s’entendent pour lui donner l’assurance qu’elles seront à son côté, en temps voulu, pour la protéger contre l’invasion, dans le cas où l’Allemagne la menacerait de nouveau, jusqu’à ce que la Société des Nations ait prouvé qu’elle était capable de préserver la paix et la liberté dans le monde. »

Source : Extrait d’un mémorandum de Lloyd George, 25 mars 1919.

 

LA VISION DE CLEMENCEAU

"Je prends acte des paroles et des excellentes intentions du Président Wilson. Il élimine le sentiment et le souvenir : c'est là que j'ai une réserve à faire sur ce qui vient d'être dit. Le Président des Etats-Unis méconnaît le fond de la nature humaine. Le fait de la guerre ne peut être oublié. L'Amérique n'a pas vu cette guerre de près pendant les trois premières années ; nous, pendant ce temps, nous avons perdu un million et demi d'hommes. Nous n'avons plus de main-d’œuvre. Nos amis anglais, qui ont perdu moins que nous, mais assez pour avoir aussi beaucoup souffert, me comprendront.
Nos épreuves ont créé dans ce pays un sentiment profond des réparations qui nous sont dues ; et il ne s'agit pas seulement de réparations matérielles : le besoin de réparations morales n'est pas moins grand. Les doctrines qui viennent d'être invoquées permettraient, si elles étaient interprétées dans toute leur rigueur, de nous refuser aussi bien l'Alsace-Lorraine. (...) C'est une erreur de croire que le monde est mené par des principes abstraits. Ceux-ci sont acceptés par certains partis, rejetés par d'autres je ne parle pas des doctrines surnaturelles, sur lesquelles je n'ai rien à dire ; mais j'estime qu'il n'existe pas de dogmes humains, il n'y a que des règles de justice et de bon sens.
Vous cherchez à faire justice aux Allemands. Ne croyez pas qu'ils nous pardonneront jamais ; ils ne chercheront que l'occasion d'une revanche, rien ne détruira la rage de ceux qui ont voulu établir sur le monde leur domination et qui se sont crus si près de réussir."

Pierre Renouvin, Le traité de Versailles, Paris, Flammarion, 1969

 

LE TRAITE DE VERSAILLES (1919),

(Extraits et résumés de quelques articles essentiels)

Article 10 : (Pacte de la Société des Nations). Les Membres de la Société s'engagent à respecter et à maintenir contre toute agression extérieure l'intégrité territoriale et l'indépendance politique présente de tous les Membres de la Société.

Article 42 : Il est interdit à l'Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l'ouest d'une ligne tracée à 50 kilomètres à l'est de ce fleuve.

Article 43 : Sont également interdits, dans la zone définie à l'article 2, l'entretien ou le rassemblement de forces armées (...).

Article 51 : Les territoires cédés à l'Allemagne, en vertu des Préliminaires de Paix signés à Versailles le 26 février 1871 et du Traité de Francfort du 10 mai 1871, sont réintégrés dans la souveraineté française à dater de l'armistice du 11 novembre 1918.

Articles 80, 81, 87 : L'Allemagne reconnaît l'indépendance et les frontières de l'Autriche, de la Tchécoslovaquie et de la Pologne.

Article 119 : L'Allemagne renonce à ses droits sur ses possessions d'outre-mer.

Article 160 : L'armée allemande ne pourra dépasser 100 000 hommes.

Article 171 : La fabrication de tanks est interdite.

Article 173 : Tout service militaire est aboli.

Article 198 : Les forces militaires ne pourront comprendre aucune aviation.

Article 231 : Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l'Allemagne reconnaît que l'Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l'agression de l'Allemagne et de ses alliés.

Article 232 : Les gouvernements alliés exigent (...) et l'Allemagne en prend l'engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile des alliés et à ses biens.

Article 428 : À titre de garantie (...) les territoires allemands situés à l'ouest du Rhin seront occupés par les troupes des puissances alliées pendant une période de quinze années.

 

LE TRAITE DE VERSAILLES VU PAR LE CAPITAINE DE GAULLE

"Ma chère Maman,

Voici donc la paix signée. Il reste à la faire exécuter par l'ennemi, car tel que nous le connaissons, il ne fera rien, il ne cédera rien, il ne paiera rien, qu'on ne le contraigne à faire, à céder, à payer, et non pas seulement au moyen de la force, mais bien par la dernière brutalité. C'est le seul procédé à employer à son égard. Ses engagements sont une fumée, sa signature une mauvaise plaisanterie. Heureusement nous tenons, et il nous faut absolument garder, la rive gauche du Rhin. Les motifs d'y demeurer ne manqueront certes pas, car je ne crois pas une seconde à des paiements sérieux d'indemnités de la part de l'Allemagne. Non pas certes qu'elle ne puisse payer, mais parce qu'elle ne le veut pas. Nous allons donc nous heurter de suite à toute cette science de chicanes gémissantes, de délais prolongés, d'entêtements sournois, qui est la plus claire aptitude de cette race. Nous avons éprouvé cette science à mainte occasion, et notamment à propos de chacun des articles du traité d'armistice qu'il fallut plusieurs interventions impatientées du maréchal Foch [un des chefs de l'armée française] pour faire exécuter à peu près. Seulement nous n'allons plus avoir à brandir d'épée flamboyante, avec nos troupes démobilisées, et celles de nos alliés rentrées chez elle. Au fur et à mesure des années, l'Allemagne se redressant deviendra plus arrogante, et finalement ne nous paiera pas à beaucoup près ce qu'elle nous doit. Il faut craindre du reste que nos alliés ne soient d'ici à très peu de temps nos rivaux et ne se désintéressent de notre sort. La rive gauche du Rhin devra donc nous rester."

Extrait de Charles de Gaulle, "Lettres, notes et carnets (1919-1940)"

 

UN AMBASSADEUR FRANÇAIS JUGE LE TRAITE DE VERSAILLES

"Voici la paix signée. Elle me fait l'effet d'un dépôt d'explosifs qui éclateront sur tous les points du monde un jour ou l'autre. Si nous avions été sûrs d'être suivis, il aurait été préférable de voir les Allemands refuser leurs signatures. Alors, on aurait pénétré chez eux et on les aurait contraints de signer à Berlin. Mais jamais Wilson ni Lloyd George n'auraient consenti à reprendre les hostilités. Je ne suis pas même sur que Clemenceau s'y fût résigné Donc, il vaut mieux que la paix soit signée.
(...) Aujourd'hui, il faut traiter avec l'Autriche, la Turquie, la Bulgarie, et je crains qu'on n'ait d'idées sur aucune des questions qui se posent. On ne sait même pas ce qu'on fera de Constantinople. Quant à la Pologne, on multiplie les insanités. Au fond, Lloyd George déteste les Polonais parce qu'ils sont catholiques et que son méthodisme le domine."
PAUL CAMBON, Correspondance, t. 3, Grasset

 

 

 JUGEMENT DE L'HISTORIEN FRANÇAIS BAINVILLE TROUVANT LE TRAITE TROP CLEMENT ENVERS L'ALLEMAGNE.
"Une Allemagne diminuée d'environ 100.000 kilomètres carrés, mais, sur ce territoire réduit, réunissant encore soixante millions d'habitants, un tiers de plus que la France, subsistait au centre de l'Europe. (…). L'unité allemande n'était pas seulement maintenue, mais renforcée(…). Le traité poussait, enfermait, parquait 60 millions d'hommes entre des frontières rétrécies. C'est "L’Allemagne d'autre part" au nom de laquelle deux ministres sont venus signer à Versailles le 28 juin 1919.

Du fond de la Galerie des Glaces, Müller et Bell, de noir habillés, avaient comparu devant les représentants de vingt-sept peuples réunis. Dans le même lieu, sous les mêmes peintures, quarante-huit ans plus tôt, l'Empire allemand avait été proclamé. Il y revenait pour s'entendre déclarer à la fois coupable et légitime, intangible et criminel. A sa condamnation, il gagnait d'être reconnu. Müller et Bell, obscurs délégués d'une Allemagne vaincue, pensaient-ils à ce que la défaite laissait survivre d'essentiel ? Peut-être, pour beaucoup des assistants et des juges, était-ce une jouissance de voir le redoutable Empire de Guillaume II humilié dans la personne d'un intellectuel socialiste et d'un avoué de province. La voix brève de M. Clemenceau ajoutait à l'humiliation : "Il est bien entendu, Messieurs les délégués allemands, que tous les engagements que vous allez signer devront être tenus intégralement et loyalement." Nous entendrons toujours ce verbe tranchant, et les deux Ja, indifférents et mous, qui sortirent de la bouche de Müller et de Bell, conduits comme des automates par le chef du protocole. Faible voix. Débile garantie. Qu'est-ce que Müller et Bell pouvaient engager ? Le traité de Versailles mettait en mouvement des forces qui échappaient déjà à la volonté de ses auteurs.

« Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur » : dès qu'elle avait été connue, nous en avions donné cette définition. On verra qu'elle reste juste et qu'elle a résisté à l'expérience. Le traité enlève tout à l'Allemagne, sauf le principal, sauf la puissance politique, génératrice de toutes les autres. Il croit supprimer les moyens de nuire que l'Allemagne possédait en 1914. Il lui accorde le premier de ces moyens, celui qui doit lui permettre de reconstituer les autres, l'Etat, un Etat central, qui dispose des ressources et des forces de 60 millions d'êtres humains et qui sera au service de leurs passions."

L'ECONOMISTE ANGLAIS KEYNES TROUVE, LUI, LE TRAITE TROP DUR.

" Le traité ne comprend nulle disposition en vue de la restauration économique de l'Europe (...), rien pour organiser les nouveaux États ou sauver la Russie. La paix mènera l'Europe souffrante jusqu'au bord de la ruine et de la famine(…). La campagne accomplie pour faire payer par l'Allemagne les dépenses de guerre nous semble avoir été un des actes les plus graves de folie politique dont nos hommes d'Etat aient jamais été responsables. C'est vers un avenir bien différent que l'Europe aurait pu se tourner si M. Lloyd George [premier ministre britannique] et M. Wilson [président des USA] avaient compris que les plus importants problèmes qui devaient les occuper n'étaient ni politiques ni territoriaux, mais financiers et économiques, et que les dangers qui menaçaient n'étaient pas dans des questions de frontières et de souveraineté mais de ravitaillement, de charbon et de transports. (...)

L'examen scientifique des capacités de paiement de l'Allemagne fut écarté dès le début (...). La position financière de la France et de l'Italie était si mauvaise qu'il était impossible de faire entendre raison à ces pays au sujet de l'indemnité allemande, à moins de leur indiquer un même temps quelque autre moyen d'échapper à leur embarras. Lorsqu'on causait avec des Français qui n'étaient nullement touchés par des considérations politiques (...) on pouvait les persuader que certaines évaluations courantes de ce que l'on obtiendrait de l'Allemagne étaient extravagantes ; et cependant, à la fin ils revenaient toujours au point d'où ils étaient partis : "L'Allemagne doit payer, car sans cela, que deviendra la France. A notre avis, les représentants des Etats-Unis eurent le grand tort de n'avoir nulle proposition constructive à offrir à une Europe souffrante et bouleversée.(…). Le but de Clemenceau était d'affaiblir et de détruire l'Allemagne par tous les moyens disponibles

John Maynard Keynes, Les Conséquences économiques de la paix, éd. N.R.F., 1920,

UN ANCIEN CHANCELIER DE GUILLAUME II JUGE LE TRAITE

"Jamais n'a été infligée à un peuple, avec plus de brutalité une paix aussi accablante et aussi ignominieuse qu'au peuple allemand la paix honteuse de Versailles. Dans toutes les guerres des derniers siècles, des négociations entre vainqueur et vaincu avaient précédé la conclusion de la paix. (...)
Mais une paix sans négociations préalables, une paix dictée comme celle de Versailles, est aussi peu une vraie paix qu'il n'y a transfert de propriété quand un brigand renverse à terre un malheureux et le contraint ensuite à la lui remettre son porte-monnaie.
La paix de Versailles nous a ravi plus de soixante-dix mille kilomètres carrés et plus de sept millions d'habitants.
(...) Pour garder le géant enchaîné, on a mis deux sbires à ses flancs, la Pologne et la Tchécoslovaquie, qui ont reçu le droit, conservé aussi par les Etats vainqueurs, d'augmenter librement leurs forces militaires, tandis que notre armée, autrefois la plus forte et la plus brave du monde, était réduite à n'être qu'une force de police à peine suffisante; pour maintenir l'ordre intérieur."
BÜLOW, Mémoires, t. 3. Plon, 1931.

 

CLEMENCEAU JUGE LE TRAITE

 "Le traité n'est pas fameux ; je suis tout prêt à le reconnaître. Mais, et la guerre, a-t-elle été fameuse ? Il a fallu quatre ans et je ne sais combien de nations pour venir à bout de l'Allemagne. (...) Vingt fois pendant la guerre, on a cru que tout était fini. (...) Or la France sort de là vivante, son territoire reconstitué, son empire colonial agrandi, l'Allemagne brisée, désarmée..."
Interview de G. CLEMENCEAU, président français pendant la Première Guerre, 1928

 

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