La 5e République sans De Gaulle 1969-1981
LA CINQUIEME REPUBLIQUE SANS DE GAULLE : 1969-1981
SITUATION : la démission du GaI de Gaulle a apporté un soulagement aux tensions qui se maintenaient dans l'opinion publique et, en même temps, une situation politique inédite dans la Vème République. Les nouvelles institutions allaient-elles résister à l'épreuve ?
CHRONOLOGIE : (à étoffer vous-mêmes)
Pompidou (1969 - 1974 : décès)
1er Ministres : * Jacques Chaban-Delmas : " Nelle société " 69- 72
* Pierre Messmer 1972-1974
V.G.E (1974-1981)
1er Ministres " société libérale avancée "
* Jacques Chirac 1974-1976
* Raymond Barre 1976-1981
Les problèmes du moments : * faire face à une société malade de Mai 68
* prouver que la Constitution de la Vème République peut être viable sans De Gaulle.
_ Première réponse : "La nouvelle société" de Jacques CHABAN-DELMAS : Jacques Delmas, Bordelais, alias le GaI Chaban dans la Résistance, "gaulliste historique", de tendance libérale et réformiste. Son équation politique personnelle serait :
1) autorité et démocratie
2) libéralisme et sécurité
A) On assiste alors à une volonté " d'ouverture" du gouvernement :
Ø l'aspect social de la réforme
* le SMIC est revalorisé et indexé sur la croissance,
* la loi sur la formation permanente est votée,
* de même que la loi sur l'actionnariat ouvrier ;
Ø la politique d'industrialisation, de concentration et modernisation avec le lancement du programme nucléaire, après 1974, représente le volet économique.
Ø le côté politique amène la dévaluation du Franc, à laquelle De Gaulle s'était toujours opposé, en même temps qu'un début de décentralisation et une moindre pression sur l'audio-visuel
B) Des pesanteurs persistent :
Ø la position figée de Pompidou qui veut une France moderne et industrielle forte, même au prix de difficultés sociales.
Ø l'opposition de la "vieille garde", les Barons du gaullisme, rejoints par les parlementaires UDR et RI.
Tout cela dégénère en manifs et en violence (Quartier latin et mort de Pierre Overnay). De plus, le referendum sur la CEE s'avère être un demi-échec. Pompidou tranche et congédie le gouvernement, montrant par là qu'il est l'arbitre et la clé de voûte de la constitution. Mais n'est-ce pas là une occasion manquée de réformes ?
_ Seconde tentative : le gouvernement MESSMER et l'infléchissement conservateur :
Messmer, un ancien militaire, ( "borné " disent certains ! ), gaulliste historique, est appelé par le chef de l'Etat dans de but de resserrer les rangs de la majorité, devant la montée de la Gauche (1971 Congrès d'Epinay). L'objectif est atteint puisque la majorité gaulliste gagne les élections de 1973. C'est bien là la preuve que les institutions de la Vème tiennent le coup.
mais.
* L'agitation sociale de type « soixante-huitarde » se poursuit sous l'égide de " Libération " , journal créé en 1973 ;
* les " Lips " à Besançon se lancent dans l'expérimentation sociale,
* tandis que les futurs écologistes s'agitent sur le plateau du Larzac, contre l'extension du camp militaire.
Les élections présidentielles risquent d'être animées. Les institutions ont fait leurs preuves, mais la "bombe sociale" n'est pas désamorcée pour autant ; la mort du président Pompidou, semble avoir pris le monde politique de court, bien qu'on le sût malade ; l'éventualité de sa disparition, ou même de son retrait de la vie publique, ne semble pas avoir été envisagée.
PRESIDENCE DE VALERY GISCARD D'ESTAING : " des temps difficiles "
VGE * un aristocrate de fraîche date, ancien élève de l'ENA, animateur des Républicains Indépendants (RI), ancien ministre des Finances du GaI De Gaulle.
* élu avec 51/100 des voix contre le candidat de la FGDS, F. Mitterrand, la France s'est divisée en deux, droite contre gauche, chaque bord représentant un poids politique à peu près équivalent : c'est le phénomène de bipolarisation de la vie politique française.
* cette courte majorité est inquiétante pour les élections législatives de 1978 ; de fait, l'Assemblée nationale verra une courte victoire de la majorité gaulliste (209 députés contre 200 à l'opposition).
* la leçon de l'élection présidentielle, c'est que la gauche de Mitterrand apparaît pour beaucoup comme un recours possible.
NB : Giscard, ancien ministre du général de Gaulle, n'appartient pas au parti gaulliste ; Chirac,son 1er ministre, est gaulliste ; d'où des tiraillements au sein de l'exécutif.
A La " société libérale avancée " selon Giscard : les réformes du gouvernement CHIRAC
Ø sur le plan social : le plan de juin 74 comprend une série de mesures :
- pour l'emploi garanties de ressources et modification de la durée du travail ; retraites.
- pour la famille : augmentation des allocations familiales, SMIC, modification des lois sur le divorce
- extension de la Sécu à toutes les professions
- démocratisation de l'enseignement collège unique (loi Haby)
Ø sur le plan économique : l'action du gouvernement subi de plein fouet la crise de 74
- la balance commerciale est déficitaire ;
- la hausse vertigineuse du pétrole entraîne la hausse généralisée des matières premières ;
- le Franc doit être soutenu par 1a Banque de France.
Ø les conséquences sociales ne se font pas attendre : le chômage entre en force dans le paysage économique.
1974 : 490 000 chômeurs (= " le volant de chômage " )
1981 : 1 500 000 chômeurs
Des négociations entre syndicats et CNPF fixent à 90% du salaire antérieur l'indemnité pour chômage économique. Ensuite, devant la persistance du phénomène qu'on croyait passager, on stoppe l'immigration de main-d'oeuvre étrangère ( 1977), puis les regroupements familiaux, et on institue l'aide au retour.
B- Gérer la crise : le gouvernement n'a plus de marge de manœuvre ; la crise s'installe, elle est mondiale, l'instabilité monétaire qui l'a déclenchée ne semble pas près de disparaître. Il ne s'agit pas, comme on l'avait crû au premier abord, d'une crise conjoncturelle ; les économistes de tout poil y perdent leur latin.
Ø économies d'énergie sont à la mode :
* les campagnes de presse recommandent " la chasse aux gaspis " dans tous les secteurs ; 1e particulier baisse son chauffage ; on met au point des moteurs économiques ; on découvre les vertus de l'isolation thermique.
* on lance un vaste programme de construction de centrales nucléaires (Framatome).
Ø l'industrie métallurgique, grosse consommatrice d'énergie, est en but, au plan européen, à la concurrence du 5ud-est asiatique ; la hausse du pétrole est catastrophique.
* La sidérurgie va faire l'objet de différents plans de soutien (1978 Plan Vosges), puis Plan acier où les sociétés sidérurgiques sont placées sous le contrôle de l'Etat et des grandes banques.
* L'automobile se regroupe pour mieux faire face. Citroën-Peugeot achètent Chrysler-France. Mais les Japonais font leur apparition en Europe.
Ø l'inflation reste à un niveau élevé (15,2% atteint en 74 – 13,6 encore en 1980). Dès 1975, "le plan d'austérité " de Raymond Barre, "meilleur économiste de France", selon Giscard et nouveau premier ministre, enjoint aux Français de se serrer la ceinture, selon trois grands principes peu innovants : moins de gaspillages, économies et épargne en vue d'investir. Les 30 Glorieuses avaient vécu…
* Pas de gaspillages à la Sécurité Sociale. Les remboursements sont réduits et les cotisations augmentent (1977).
* Dès 1976, s'élabore le Plan Barre de lutte contre l'inflation :
- encadrement du crédit,
- contrôle des changes renforcés,
- augmentation des taux d'intérêt,
- blocage des prix pour 3 mois,
- blocage des tarifs publics pour un an,
- stabilisation des salaires.
Les résultats restent mitigés ; dans l'opinion, le mécontentement augmente ; l'opposition au Parlement s'affirme, même au sein de la majorité qui s'interroge. Quelques " affaires " viennent s'y ajouter, comme celle des diamants de Bocassa ; les dissensions internes à la majorité s'enveniment, le président et son ex-premier ministre Chirac sont de moins en moins d'accord. Autant de raisons pour une élection de François Mitterrand aux présidentielles de 1981.
CONCLUSION
Les deux septennats ont une physionomie étrangement parallèle une période réformiste suivie d'une période de rigueur, le premier sur le mode politique, le second sur le mode économique. De même, les rivalités Pompidou - Chaban et VGE - Chirac semblent se répondre.