Mercredi 30 mai 3 30 /05 /Mai 14:35

La Libération  1944 - 1947

 

Situation :

  • Août 1944 : Paris est libéré par les résistants insurgés et par les chars de Leclerc.
  • Les Américains sont court-circuités par De Gaulle qui s’impose comme chef du gouvernement provisoire après la fuite de Pétain.

 

Problématique : pour De Gaulle 3 urgences :

  1. Rétablir l’ordre républicain :

·         il existe sur le territoire national de nombreuses milices armées ;

·         une épuration sauvage fait rage ;

·         l’administration est démantelée.

  1. Reconstruire :
    •  
      •  
        • aspects économiques ;
        • aspects sociaux.
  2. Redorer le blason de la France et passer du statut de vaincu à celui de vainqueur.

 

I –L’OEUVRE  du  GOUVERNEMENT PROVISOIRE : septembre 1944 – novembre 1945

 

1 - Rétablir l’ordre et la légalité : les différents mouvements de la Résistance sont toujours en armes et règlent leurs comptes par des exécutions sommaires :

Þ envoi de "commissaires de la république", dotés de pleins pouvoirs à titre provisoire, dans chaque département pour contrôler les "comités de libération"  mis en place par les résistants  ;

Þ installation d’une  Haute Cour de Justice pour juger les responsables ;

Þ dissolution des milices patriotiques armées (PC), qui représentaient un danger pour la démocratie retrouvée, avec l’accord de M.Thorez ;

Þ élections municipales  pour remplacer les maires nommés par Vichy ; élections de députés à l’Assemblée constituante au suffrage universel : les femmes votent pour la première fois.

 

2 – Reconstruire :

A) aspects économiques :

  1.  
    1. bilan désastreux de la guerre (transports, communications) ;
  • agriculture : production en chute libre : pas d’engrais, pas d’essence, pas de main d’œuvre (prisonniers) ;Þ rationnement jusqu’en 1948 ;
  • industrie : usines conservées par les Allemands à leur propre usage, mais endommagées par les bombardements alliés ;
  • logement : il en manque 1 million …

La reconstruction commence immédiatement ; mais …

  1.  
    1. problème financier : les caisses sont vides Þ emprunt aux USA (accords Blum-Byrnes) + usage de la " planche à billets" = inflation . Le stock d’or a fondu ; le marché noir fait rage .

Ces mesures se révèlent insuffisantes : cf.  conflit De Gaulle / Mendès-France .

 

B) aspects sociaux : ils sont mis en place selon les plans du CNR (Conseil national de la Résistance).

  1. Nationalisation des moyens de reconstruction :
  • Capitaux : banques ; assurances .

Communications : transports (SNCF), Air France, Poste, RATP…

  • Energie : EDF-GDF, Charbonnages de France
  • … et Renault nationalisé pour faits de collaboration.
  1. création des comités d’entreprise qui ont un droit de regard sur la gestion .
  2. ordonnances sur la Sécurité sociale (octobre 45) : inspirées des idées anglaises, elles créent un système de protection social en 4 branches : maladie, accidents du travail, vieillesse, prestations familiales.
  3. problème du rapatriement et de la réinsertion de plus d’un million de prisonniers. (AFPA).

 

C) redorer le blason de la France :

1.      Les USA avait prévu de placer la France vaincue sous tutelle américaine (l’AMGOT) ;

2.      mais l’action militaire de la Résistance et l’habileté politique de De Gaulle font qu’une armée d’un million de soldats français vont constituer derrière Leclerc et De Lattre une armée d’occupation en Allemagne, au même titre que les Anglais ou les Américains.

3.      De Gaulle, mal vu de Roosevelt et Staline n’est pas convié à Yalta, ni à Potsdam ; néanmoins la France entre au Conseil de Sécurité de l’ONU, comme membre permanent, et trouve place officiellement comme  puissance occupante de l’Allemagne et de Berlin.

 

II –LE PROBLEME POLITIQUE THEORIQUE : QUELLE REPUBLIQUE ?    1946

 

1-  Les forces en présence :

·         Le PC : occupe la 1ère place dans la Résistance ; Maurice Thorez élimine l’éventualité d’une entreprise révolutionnaire en France ; Staline est persuadé que les élections amèneront les communistes légalement au pouvoir.

·         La SFIO (Section Française de l’Internationale Socialiste) : gauche plus ou moins marxiste et prudemment réformiste ; Léon Blum en reprend la direction à son retour de captivité.

·         Le MRP, (Mouvement Républicain Populaire) : d’inspiration chrétienne démocrate, il rassemble la droite réformiste ; proche de De Gaulle.

 

            2.  La méthode De Gaulle : elle s’appuie sur le référendum ; le 1er en 45 a un double but : demander aux Français s’ils souhaitent changer de constitution . Si oui, désigner les députés à une assemblée constituante.

Þ les 3 partis arrivent à peu près à égalité, avec une majorité à gauche = le tripartisme

Þ des ministres communistes entrent au gouvernement ; De Gaulle est nommé président du Conseil du gouvernement provisoire à l’unanimité.

Þ des conflits immédiats et insurmontables au sein du gouvernement.

 

            3.   La constitution :

  • De Gaulle avait refusé de proclamer la IVème République à la libération de Paris, mais pour lui la IIIème est synonyme d’instabilité et de règne des partis.

Þ il souhaite un exécutif fort pour contrebalancer le législatif : le Président de la République devrait être élu par un collège assez large pour arbitrer entre les partis et représenter un élément de stabilité.

(Cf. le discours de Bayeux)

  • L’Assemblée Constituante au contraire souhaite de nouveau la prééminence du législatif sur l’exécutif, comme au bon vieux temps, malgré l’instabilité gouvernementale chronique…

Þ démission du général De Gaulle le 20 janvier 1946 (remplacé par Félix Gouin).

La constitution sera refusée une première fois en mai 45, puis votée de guerre lasse en octobre 45 :

36% de oui ; 31 % de non ; 31% d’abstentions Þ c’est mal parti …

 

Conclusion : La IVème République s’installe tant bien que mal : les législatives de novembre 46 amènent un gouvernement de gauche modéré, avec Léon Blum comme président du Conseil ; le Conseil de la République (= Sénat) est élu, de même que le Président de la République Vincent Auriol

(SFIO modéré).Dès 1947, le gouvernement Ramadier (SFIO) exclut les ministres communistes : on entre dans l’instabilité pour 10 ans…

Par phnaudin-daeu - Publié dans : COURS
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